mardi 11 octobre 2016

LES ORIGINES DE LA POPULATION TUNISIENE


La Tunisie, un pays arabe ?

Les Tunisiens, par on ne sait quel enchantement, semblent vouloir revenir sur leur passé arabe et se définir comme Arabes. Or, il semble extrêmement réducteur de réduire la culture tunisienne à l’arabité. Mais ce compromis artificiel repose sur le désir de se rattacher à un passé glorieux.

Par Habib Sayah.
“Nous les Arabes avons fait… Nous les Arabes avons inventé… Nous sommes fiers d’être Arabes… !” Ces phrases semblent si artificielles dans la bouche d’un tunisien !
La culture tunisienne et les tunisiens sont-ils arabes ?
Certes, l’influence arabe a été grande dans la construction de la culture tunisienne. Suite aux invasions arabes du 7e siècle, les Arabes ont su éliminer de la culture tunisienne les vestiges de son passé païen et chrétien. La Tunisie, avant d’être arabe, a été successivement, phénicienne, carthaginoise ou punique, province romaine, chrétienne, siège de l’Église d’Afrique. Elle est ensuite passée sous domination vandale, puis byzantine pour être enfin conquise par les Arabes.
Les Arabes ont su imposer leur langue en Tunisie, ainsi que leur religion. En cela, la Tunisie a été profondément arabe pendant un millénaire, dans la période médiévale.
La conquête ottomane a permis à la Tunisie une certaine émancipation. La Tunisie ottomane est devenue, comme Istanbul, et d’autres cités ottomanes, une terre d’accueil, cosmopolite. La culture tunisienne a alors été redessinée, non seulement par l’influence turque, mais également à travers les innombrables vagues d’immigration de peuples étrangers vers la Tunisie. Tunis, notamment, était un véritable melting pot dès le 17e siècle. Y cohabitaient et s’y mêlaient des populations aux origines et aux langues diverses : arabes, juifs sépharades, berbères, maures, sénégalais, maliens, soudanais, espagnols, siciliens, italiens, sardes, maltais, français, grecs, chypriotes, turcs, géorgiens, abkhazes, circassiens et autres peuples du Caucase etc. En cela, la Tunisie était ottomane car elle ressemblait au reste de l’Empire : mosaïque pluriethnique, multiconfessionnelle et essentiellement méditerranéenne.
L'arrivée des Arabes
Quand l'invasion vandale submerge l'Afrique carthaginoise en 439 et affaiblit la domination latine, les Berbères s'affranchissent dans les montagnes, ravagent et incendient les villes. Le royaume vandale sera reconquis par Bélisaire (533), mais les Byzantins
http://www.cosmovisions.com/btimc.gif s'épuisent à lutter contre les incursions des indigènes et les révoltes locales; en 648, le patrice Grégoire se proclame roi à Sufetula. Et c'est cette année même que surviennent les premiers envahisseurs arabes conduits par Abdallah. Grégoire est vaincu et tué, la Byzacène
http://www.cosmovisions.com/hist.gif et l'Afrique proconsulaire sont rançonnées. En 662, les Arabes reparaissent avec Moawiya et vont jusqu'à Bizerte. En 665, ils reparaissent et conquièrent Djerba. En 670, Okba s'installe au coeur du pays et fonde la capitale arabe, Kairouan. Il périt en combattant le Berbère Koçaïlah (683), mais est vengé par Kohaïr-ibn-Kaïs (688). Enfin Hassan-ibn-es-Noman s'empare de Carthage
http://www.cosmovisions.com/btimc.gif, de Bizerte, achève la conquête musulmane (698).

image: http://www.cosmovisions.com/oeilh.gif
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La Tunisie
http://www.cosmovisions.com/geo.gif, ou pays de Tunis, qui se dessinera comme tel à l'époque de la domination ottomane
http://www.cosmovisions.com/btimc.gif, répond à l'ancien territoire de Carthage
http://www.cosmovisions.com/btimc.gif. La grande cité punique dominait alors les côtes du Nord-Ouest de l'Afrique
http://www.cosmovisions.com/btimc.gif et régissait plus ou moins les indigènes et les métis Liby-phéniciens des rives de la Medjerda (Bagradas) et du Sahel. Après la conquête romaine (146), son pays fut divisé entre le royaume de Numidie et la province romaine d'Afrique dont le chef-lieu fut Utique
http://www.cosmovisions.com/monu.gif. Carthage, mieux située, fut reconstruite et redevint métropole sous l'Empire.
Ce qui allait devenir la Tunisie connut alors une richesse légendaire; les principales villes furent Hippo Zarytas (Bizerte). Vaga (Béja), Bualla Regia, Thugga (Dougga)
http://www.cosmovisions.com/monu.gif, Sicca Veneria (le Kef
http://www.cosmovisions.com/monu.gif), Zama, Ammaodara (Haidra), Sufetula (Sbeitla), Capsa (Gafsa
http://www.cosmovisions.com/monu.gif), Hadrumetum (Sousse), Thapsus, Thysdrus (El-Djem), Ruspa, Tinae, Tacape (Gabès), etc. On la divisa en deux provinces : au Nord, la Zeugitane
http://www.cosmovisions.com/hist.gif; au Sud, la Byzacène
http://www.cosmovisions.com/hist.gif (Byzacium), région du Sahel, appelée aussi Emporium, dont le gouverneur habitait Hadrumetum. 
L'aménagement des eaux, la culture méthodique avec double labour et fumure, firent de la Tunisie le grenier de Rome, terre du blé et des olives. Son port méridional de Gightis recevait les caravanes du Soudan. Les guerres du temps des Gordiens (238), l'incursion des Maures sous Valérien, les révoltes d'Aradion que tuaProbus, de Julianus (293), de Domitius Alexandre (308-11), tour à tour proclamés à Carthage, de l'indigène Firmus, de son frère Gildon, du comte Héraclien (413), ducomte Boniface (417), préparent l'invasion vandale.  La future Tunisie fait ensuite partie de l'empire d'Orient sous Justinien (533) et ses successeurs. Les premières incursions arabes ont lieu à partir de 638; soixante ans plus tard, leur conquête du pays est achevé. Il est intégré au vaste empire des Califes. S'y succèderont les dynasties des Aghlabites de Kairouan (800), des Fatimides (909), puis des Zéirites ou Zirides (972), et des Almohades (1160). 

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